Le saviez-vous ? Il s’agit de statistiques globales, cependant la tendance de fond est là. Depuis 2014, le coût des arrêts de travail augmente plus vite que les dépenses de santé et le nombre d’arrêts maladie est à la hausse selon la Sécurité sociale, plus longs et plus nombreux. Ils se sont envolés de 5,2 % l’an dernier et ont coûté 10,3 milliards à la Sécurité sociale. Sur le seul mois de janvier 2018, la hausse atteint 8 %. Selon les données de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), le nombre d’arrêts de travail a bondi de 5,2 % en 2017.

Les raisons sont nombreuses. D’abord, l’Insee annonce que le taux de chômage avait reculé de 0,7 point au quatrième trimestre 2017 pour tomber à 8,6 % en France métropolitaine. Donc mécaniquement, plus le nombre de personnes au travail augmente, plus le risque statistique d’accroissement du nombre d’arrêts maladie se réalise. Ensuite, nous connaissons les épisodes de grippe et de gastro-entérite, certes, cependant les médecins évoquent une dégradation des conditions de travail avec une frontière de plus en plus poreuse entre vie privée et vie au travail à cause de la connexion accrue des salariés notamment.

Jean-Paul Hamon, le président de la Fédération des médecins de France, avance aussi l’explication d’un épuisement des salariés qui ne cesse de s’accroître, avec notamment les durées de temps de trajet domicile-travail qui s’allongent. Sur les problématiques d’organisation du travail, les entreprises ont des leviers pour améliorer la situation. Avez-vous déjà entendu parler de « l’expérience collaborateur » ou « l’expérience salarié » ?

Le concept est construit en référence à celui d’expérience client, ou plus génériquement à celui d’expérience utilisateur. Il désigne l’ensemble des interactions et expériences vécues par un collaborateur au sein de sa structure, dans les moments clés de son parcours comme dans son quotidien professionnel, de son embauche jusqu’à son départ. L’expérience salarié(e) est caractérisée par le cumul des ressentis du salarié vis-à-vis de sa situation professionnelle. Elle est la somme des vécus mémorisés, à travers les différents vecteurs de communication (rencontre physique, interaction avec le management, avec le client, le site web, tract, mail, téléphone, les réseaux sociaux, etc.).

Le salarié, dont la mission par exemple est d’être en relation avec le client, sera bien plus performant et générera bien plus de satisfaction s’il est lui-même satisfait et engagé au sein de son entreprise. Il s’agit donc d’œuvrer à la qualité de l’expérience salarié(e) comme on le fait pour l’expérience client. À cette différence près que l’on ne s’intéresse pas au parcours d’achat de l’intéressé(e), mais bien à son parcours salarié(e). La démarche doit partir du principe, somme tout évident, que la qualité de la relation de l’entreprise envers les salariés est corrélée à la qualité de la relation qu’elle entretient avec ses propres clients.

La communication interne joue un rôle primordial dans la diffusion d’une culture d’entreprise centrée sur le « client ». Elle permet de créer des passerelles entre tous les collaborateurs sans différenciation de service, d’encourager le travail en équipe ainsi que l’engagement de toutes les parties prenantes. Pour ce faire, il est nécessaire de favoriser les relations interpersonnelles et la mise en commun des informations. Richard Branson l’a dit : « si vous prenez soin de vos employés, ils prendront soin de votre entreprise ».

Quand on sait que le sondage Gallup « State of the global workplace » (2013), réalisé sur 140 pays, nous informe qu’en France, seuls 11% des salariés sont engagés dans leur entreprise, la statistique refroidie. Ceci nous place en queue de peloton des pays d’Europe occidentale, loin également derrière les États-Unis, le Canada ou encore l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Et vous, avez-vous engagé la réflexion sur le sujet ?

By Christophe

Accompagnement et Facilitation Des Hommes, des Organisations